Merci à tous ceux et celles qui contribuent à l'enrichissement de mes blogs et qui m'adressent des diaporamas, photos, histoires, jeux, chroniques... : Stella Israël, Charles Levy, Jean-Claude Dos Reis, Soly Barchechath, Nina Melloul, Raquel Dahan-Dayan, Gaby et Jacqueline Cabessa, Madeleine Dahan-Bohbot, Sylvie Sabbah, Soly Azran, Claire Erbibo, Claudine Amzallag-Suissa, Simone Barak, Francine Kaufman, Dora Marrache, Jean-Marie Gélinas, Jacky Azoulay, Julia Coriat, Ondine Roustan, Charles Zagury, Daniel Laprès...

Sauf erreur, les chansons, diaporamas, photos, histoires, jeux... adressés par d'anciens safiots et publiés ici sont libres de droit : si toutefois je me suis trompé, c'est de bonne foi et en tout état de cause sans but lucratif. Merci aux ayant droit de se manifester par courriel, je supprimerai ce qui doit l'être ou mentionnerai l'accord de publication.

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Nous vous souhaitons une agréable visite!!!

N.B. Nous vous suggérons de consulter, de temps à autre, notre livre d'or: http://www.swisstools.net/guestbook.asp?numero=86997
et vous invitons à y placer vos commentaires et suggestions. Merci!


Un super video juke-box

Grands ou petits , jeunes ou vieux , hommes ou femmes archivez ce document c’est un vrai régal.....
Vous pouvez réécouter + d’un siècle de chansons , une archive à conserver sans " modération’

Un super video juke-box, à conserver dans ses favoris !!!
C’est une vraie mine d’or,
Entrez le nom de l’artiste que vous souhaitez écouter, dans la petite fenêtre prévue à cet effet.
Je n’ai pas réussi à prendre en défaut ce site et pourtant j’ai tapé des noms de chanteurs qui ont eu leurs heures de gloire avant 1940! (par exemple : Berthe Silva, Reda Caire, Jean Lumière, Rina Ketty, Mistinguet....),
On trouve également d’anciennes vidéos.
C’est tout simplement ahurissant!

http://uwall.tv/

mercredi 2 février 2011

Lancement du livre : BLEU AZREQ

Photographies: Albert HAZIZA






















Allocution de
Lise DEMERS
Éditions Sémaphore

Les Éditions Sémaphore sont une jeune maison d’édition et son nom vient du recueil et du poème de Gilles Hénault, un de nos grands écrivains et intellectuels québécois.



Ce soir, j’ai le plaisir de lancer Bleu Azreq de Magali. Tout éditeur vous le dira : en déchiquetant l’enveloppe d’un manuscrit, on espère toujours découvrir un texte marquant qu’il faut à tout prix publier. Ce fut le cas avec celui de Magali. Le bonheur que j’ai eu à lire son manuscrit se résume à l’histoire et au style.


Donc, l’histoire : celle d’une jeune juive tunisienne de 15 ans qui n’a pas froid aux yeux. Sarah Ouzari est une féministe avant l’heure, une jeune fille qui veut prendre sa place dans la société, qui veut vivre selon ses convictions et non pas selon les volontés de ses frères ou de la tradition. Ça, c’est un pari difficile compte tenu qu’elle tient à respecter ses croyances religieuses. Mais elle se jurera, à l’enterrement de sa mère, de ne pas vivre comme elle et de quitter un jour « le 6, rue Sidi Bou Ahdid, où flottaient larmes et résignation. »


Pour une baby boomer nord-américaine comme moi, qui a connu les manifestations du féminisme avec ses slogans et ses pancartes, l’émancipation de Sarah étonne car elle se fait à partir de gestes qui nous paraissent aujourd’hui bien ordinaires, comme se mettre du rouge à lèvres, apprendre à conduire, avoir des amies étrangères à sa communauté.


Le décor, maintenant : l’histoire se passe en Tunisie de 1943 à 45. Ce qui m’a frappée, c’est le contraste énorme entre la dureté et la frivolité de l’époque, entre la pauvreté des gens et leur désir de fêter. Magali se distingue notamment par sa façon de dépeindre la débrouillardise des pauvres gens, ce qui n’est pas nouveau en littérature, en ajoutant un zeste de création, une légèreté étonnante. Sous tous ces falbalas, ces arômes délicieux et ces couleurs vives, la frivolité exprime un appétit de vivre, d’être et sert de prétexte à saluer la vie, à dépasser la douleur et à exprimer l’espoir et la confiance en l’avenir, ne serait-ce que le temps d’un instant. La Tunisie de Magali est comme un paradis perdu, un portrait d’une époque où tous se côtoyaient.


Je viens de vous parler de l’histoire et du décor mais sans le style d’écriture, il n’y a pas de littérature. Du style, Magali en a : ses phrases sont rythmées, l’inquiétude est palpable sous le rire. Ses mots naïfs, ses adjectifs colorés, ses verbes d’action et ses images à la fois simples et troublantes nous font passer en douceur du quotidien banal à la réflexion la plus pertinente. C’est grâce à son style que nous sourions à la naïveté et aux rêves d’une jeune de 15 ans, que nous découvrons une autre Tunisie et que nous nous attachons à l’histoire de sa famille et à celle de sa sœur de lait musulmane.


Sarah écrit : « J’avais accroché ma vie au porte-manteau. J’attendais. » Sans plus attendre, je vous présente Magali Sauves.



Allocution de Magali Sauves

au lancement de Bleu Azreq

mardi le 1er février 2011

Je voudrais vous remercier tous d’être venus ce soir pour le lancement de mon livre Bleu azreq. Ce livre est un miracle, une chaîne ininterrompue de bonheurs depuis le premier mot tapé sur le clavier de mon ordinateur tout neuf, jusqu'à ce moment devant vous. Mes enfants Kevin, Ewan et Swann m’ont témoigné un support indéfectible et mon mari une compréhension à toute épreuve. Lise, grâce à vous, mon rêve est devenu réalité.


Bleu azreq est né d’une impression de déjà vu, de déjà vécu, en fait, de mon immigration au Québec. Jamais je n’aurais ressenti la nécessité de l’écrire en France. Il est le produit de mon intégration en tant que Juive tunisienne sépharade, extrêmement fière de ses origines, et son propos s’articule autour de trois axes incontournables.


Premièrement, la langue. En France, il n’est nul besoin de lutter pour sa langue ou de convaincre quiconque de sa richesse ou de sa beauté. Ici, c’est une bataille de chaque jour, bien plus profonde que de savoir s’il faut dire week-end ou fin de semaine ou de traduire le moindre titre de film. Non, c’est une question touchant à la survie d’un art de vivre et de penser. Il s’agit en fait de la survivance d’un peuple et dès que l’on touche à ce concept, la peur de l’autre, de l’assimilation n’est jamais très loin.


Deuxièmement, l’existentialisme. J’ai toujours vécu du côté du colonisateur, pas du colonisé. Depuis sept ans, ma vision des choses a évolué. Se sentir parfois tel un citoyen de seconde classe bouleverse tous vos acquis, votre positionnement social et politique. Revendiquer votre droit d’exister sur un sol demeure un questionnement crucial en ces temps de mondialisation. En cette matière, la Tunisie est un exemple. Au moment où la victoire nazie ne faisait pas de doute, Moncef Bey et Habib Bourguiba, opposants politiques s’il en est, ont cependant affirmé leur cohésion avec leurs frères juifs tunisiens.


En évoquant le troisièmement, la liberté, je ne peux m’empêcher de ressentir un pincement au cœur. Bleu azreq est une ode à un peuple qui sort de six mois d’occupation allemande, auxquels se surajoutent les 62 ans, de domination française. Un peuple, qui rêve, de concert avec le monde, de liberté, d’indépendance. La Tunisie a lutté courageusement pour se défaire de ses entraves et, dans le processus, je dois signaler qu’elle est le pays arabe qui a donné le plus de pouvoirs et de droits aux femmes. Aussi, je n’aurais jamais pu imaginer que mon récit verrait le jour au milieu d’une révolution, peut-être parce que je ne voulais pas croire que la problématique sociale d’aujourd’hui imitait celle d’hier au rythme des oppressions, des tortures, des vols et de la corruption.


Ce qui me tenait vraiment à cœur dans ce roman, c’était de raconter l’histoire d’amour d’une Sarah, sincère, armée de ses seuls instincts et d’une sensibilité à fleurs… d’oranger. Oh! Pas seulement celle qui l’emporte vers Bill, mais celle de toute la communauté sépharade pour leurs voisins de palier, pour leur pays. Ce récit est un authentique chant de tolérance, de lutte contre le racisme et les jugements à l'emporte-pièce. J’ai cherché à réveiller les souvenirs de mes coreligionnaires nichés sur le terreau des convergences spirituelles, de l’amitié et de la compassion et à instruire les autres communautés de ce qui fut notre cohabitation, ce fait historique bien loin de ce que l’on veut maintenant leur faire croire.


Le titre de ce roman est Bleu AzreqBet, telle une apostrophe, il éclabousse la noirceur de l’époque, tout comme la révolution d’aujourd’hui est de jasmin. Rien ni personne ne changera les Tunisiens, pudiques et enjoués qui cultivent une légèreté, une joie de vivre qui les pousse à cheminer avec confiance et qui les garde de l’aigreur et du ressentiment.


Aujourd’hui, je suis donc encore plus fière et émue d’offrir à toutes les communautés ma sérénade orientale pour un pays bleu azreq, croquée par une plume bleue de France, sur une terre au drapeau bleu azur.
















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