Samy El Maghribi z.l.
décédé ce 2e jour d’Adar beth 5768, le 9 mars 2008.
Au nom de tous les safiots de Montréal, nous présentons à sa famille nos plus sincères condoléances.
Sami ElMaghribi, de son vrai nom Salomon Amzellag, est né en 1922 à Safi, mais sa famille s’installe à Rabat à partir de 1926. Tout petit, Sami est attiré par la musique et à l'âge de 7 ans, il fait sa première école buissonnière pour rejoindre un groupe de musiciens dans le quartier juif de Rabat.
Il commence à se familiariser avec la musique andalouse et apprend à jouer du oud (luth oriental) par lui-même. Il se perfectionne par la suite en fréquentant le Conservatoire de musique de Casablanca et les cercles des maîtres de musique andalouse les plus réputés. A l'âge de 20 ans, il décide de quitter son poste de directeur commercial pour se consacrer au chant et à la musique
Le répertoire de Sami ElMaghribi est très large :
D’une part il reprend les chansons traditionnelles. Il a notamment marqué de son empreinte les anciennes qçidas de Sidi Qaddour Al 'Alami, de Benmsaib, du Cheikh Bouazza, de Bensliman et autres grands ténors de la poésie malhoun. La qçida Bensoussan en particulier, a été écrite par Benyechou et chantée par d'autres chanteurs avant que Sami ne la popularise, il en est de même des autres qçidas comme "Al kawi", "Mal hbibi malou", etc.
D’autre part il compose entre 1950 et 1965 une musique populaire inspirée des motifs traditionnels, dont les premiers titres lui ont aussitôt valu l'admiration du public. On ne peut oublier ses chansons les plus célèbres : Ay ay ay loukan kanou andi le mnain, Kaftanek mahloul ya lala ou Oumri ma nensak ya mama. Il crée un style personnel basé sur les noubas du gharnati, le moual marocain, le malhoun et le haouzi, en développant l'art des melismes, des nuances et des modulations vocales.
Il chante aussi la vie quotidienne : la chanson du "marché noir" pour déplorer la disette et le rationnement des années de guerre, en 1955 il salue le retour de Sa Majesté Mohammed V avec "Alf hniya wa hniya, Koulou 'la sslama Sidna Mohammed Alkhamis Soltan al Maghrib", en 1960 il exprime sa peine après le tremblement de terre d'Agadir avec sa "qaçidat Agadir".
Il poursuit sa carrière à Paris, où il donne de nombreux concerts et crée sa propre marque de disques, Samyphone. Le succès de ses disques et de ses représentations dans tous les pays où se sont établis des immigrants originaires d'Afrique du Nord confirment sa renommée internationale.
En 1960 , Sami ElMaghribi émigre au Canada. En 1967 il devient rabbin et se consacre aux chants religieux et aux Piioutims. Ses nombreux admirateurs craignent que leur idôle ne délaisse à jamais le chant populaire . Effectivement, il s'abstient à paraître en public comme artiste chanteur puis il se ravise et il répond par une chanson "Salouni nnas" (les gens m'ont questionné..) Par cette chanson, il affirme qu'il n'y a pas d'incompatibilité entre le culte et le chant profane. Il a tenu à le prouver dans les rares soirées qu'il a, depuis lors, animées, dont celles à Paris au Canada et celle au Théâtre Mohammed V aux côtés de Raymonde al Bidawiyya et de Abdelhadi Belkhyat.
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