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et vous invitons à y placer vos commentaires et suggestions. Merci!


Un super video juke-box

Grands ou petits , jeunes ou vieux , hommes ou femmes archivez ce document c’est un vrai régal.....
Vous pouvez réécouter + d’un siècle de chansons , une archive à conserver sans " modération’

Un super video juke-box, à conserver dans ses favoris !!!
C’est une vraie mine d’or,
Entrez le nom de l’artiste que vous souhaitez écouter, dans la petite fenêtre prévue à cet effet.
Je n’ai pas réussi à prendre en défaut ce site et pourtant j’ai tapé des noms de chanteurs qui ont eu leurs heures de gloire avant 1940! (par exemple : Berthe Silva, Reda Caire, Jean Lumière, Rina Ketty, Mistinguet....),
On trouve également d’anciennes vidéos.
C’est tout simplement ahurissant!

http://uwall.tv/

vendredi 24 décembre 2010

Témoignage de Charles BOHBOT

Please forward to your family and friends.

My name is Charles Bohbot and my story must be told. I was born in Casablanca, Morocco in 1933. We lived under very comfortable circumstances, enjoying a privileged existence. Our family, both immediate and extended was affluent- my father was an oil broker for the Shell Corporation- and we lacked nothing in the way of material possesions.

In 1939 the second world war broke out, France was defeated and occupied by the Nazi forces. The Vichy regime was established and collaborated fully with the Nazis. In 1940 the Jews of France were rounded up and deported to the death camps where the majority perished.


During the same period Morocco was controlled by the pro-Nazi Vichyites, but the day to day administrative duties were carried out by the Muslim Arab authorites.


A decree was issued by the Vichy regime that all Jews were to be registered and issued the yellow star of David tags as a prelude to being rounded up and confined to the concentration camps that were being constructed in the North- East region.


the Nazi-controlled Vichy government issued antisemitic orders excluding Jews from public functions. Sultan Mohammed V refused to apply these racist laws and, as a sign of defiance, insisted on inviting all the rabbis of Morocco to the 1941 throne celebrations


In addition, King Mohammed V balked at the registration order, he stated " we don't have Jews here only Moroccon citizens with Jewish affiliation." This move meant that the Jews of Morocco were saved from the terrible fate that befell their brethren in the Christian part of the world.


Close to 400, 000 Jews were saved. And that formed the bulk of the Sephardim population that later emigrated to Israel.


This is information that for subsequent political purposes remains suppressed and is largely unkown by most Jews and the world at large.


Please forward this message to all. Even print it out and send by snail mail.

Bonsoir Julia,



J'ai lu avec beaucoup d'intérêt Julia le texte que vous m'avez envoyé de Charles Bohbot, "The Jews of Morocco". L'Histoire des Juifs m'intéresse comme vous le savez. J'ai donc fait des recherches pour en savoir plus. Voilà donc le résultat :


Nous savons que la présence juive au Maroc est très ancienne comme d'ailleurs dans tous les pays de l'Afrique du Nord, et que la communautés juive du Maroc compte dans son sein deux sous-ensembles ethnico-culturels : les toshavin (1) "autochones" et les megorashim " (2) les expulsés d'Espagne " dont certains sont des toshavim.


Ceci étant dit, revenons au texte que vous m'avez envoyé jJulia. Cela fait plusieurs mois semble-t-il que d'éminentes personnalités juives d'origine marocaine font des allers-retours entre Rabat et Tel-Aviv, multipliant les correspondances officielles entre les deux capitales, pour tenter un coup de force : faire admettre Mohammed V dans le club très fermé des "Justes parmi les nations" titre honorifique qui récompense les personnalités qui ont pu, au plus fort de l'holocauste sauver des vies juives partout dans le monde.


De tous les dirigeants arabes du 20ème siècle, Mohammed V qui a été sultant du Maroc de 1927-53, semble bien être sur la voix toute proche de la "canonisation".


Selon deux auteurs d'une enquête dans cette histoire des plus surprenante de canonisation (3) Karim Boukhari et Hassan Hamdani, Serge Berdugo une des principales figures du judaïsme au Maroc, a tellement avalé de Kilomètres pour la (bonne) cause que des médias sérieux, même en Israël l'affublent déjà du titre de futur ambassadeur du Maroc en Israël. Et si la démarche de canonisation vient à aboutir, cela fera du défunt Sultan le premier arabe à gagner le statut, ô combien symbolique, de "juste parmi les nations".


Mais qu'a donc fait Mohammed V de si remarquable pour accéder à titre posthume à une si rare distinction (pour un arabo-musulman) :


Lorsque la deuxième guerre mondiale éclate en Europe, en septembre 1939, Mohammed V est un jeune souverain de 30 ans, sans réel pouvoir.


Une fiche établie par les services du protectorat français le décrit comme suit : "Très traditionaliste comme tous les Marocains, très aimé et notamment de la grande majorité de ses 200.000 sujets juifs, dont il garantit la protection. Au Mellah, le petit peuple se délecte de ces histoires plus au moins vraies, selon lesquelles le sultan paie ses achats au comptant ou favorise la main-d’œuvre juive au Palais. Le cordon ombilical liant lrs Juifs marocains est né d’un intérêt commun aussi bien diplomatique que commercial. Des personnalités juives sont chargées de missions auprès des puissances européennes, tandisque des familles commerçantes israélites continuent de travailler pour le compte du Makhzen (Toujjar du Sultan).


Le cordon ombilical liant les Alaouites et les juifs marocains est né d'un intérêt commun aussi bien diplomatique que commercial. Des personnalités juives sont chargées de missions auprès des puissances européennes, tandis que des familles commerçantes israélites continuent de travailler pour le compte du Makhzen (4) (les "toujjar" du sultan). (5)


La défaite de la France face à l’Allemagne nazie va bouleverser la quiétude de ce petit monde. Le Maréchal Pétain étend les lois racistes anti-juives décrétées en France le 3 octobre 1940, qui va sceller au final le pacte entre Mohammed V et les Juifs du Maroc et donner naissance au mythe du roi sauveur des Juifs. Si le coeur qui bat pouvait parler


L'histoire des dahirs (6) juifs


Par un dahir du 31 octobre 1940, moins d'un mois après l'instauration du gouvernement de Vichy, les juifs marocains sont soumis à un numerus clausus dans les professions libérales (2% de juifs au maximum parmi les médecins et les avocats) et dans l'enseignement (pas plus de 10 % de juifs parmi les élèves du secondaire). Ce document d'inspiration purement nazie porte le sceau du Sultan Sidi Mohammed Ben Youssef (Mohammed V).


Il est suivi, un an plus tard, par un deuxième dahir d'inspiration nazie encore plus sévère pour les juifs. Sidi Mohammed Ben Youssef, comme on l'appelle encore à l'époque (Mohammed V), a bien encore paraphé les deux textes d'inspiration nazie préparés par la Résidence générale. Un acte qui n'est pas sans rappeler le dahir berbère, promulgué en 1930, et qui a valu, en son temps, une pluie de critiques au protectorat, mais aussi au jeune sultan qui l'a paraphé. “Mohammed V manquait cruellement d'expérience. Il était jeune et, surtout, n'avait aucun pouvoir et ne pouvait s'opposer véritablement à la Résidence générale sous peine de risquer son trône”, souligne, lucide, le chercheur Mostafa Bouaziz. “Le sultan savait bien que les dahirs juifs, comme le berbère, étaient aussi une manière de soustraire à son autorité une partie vive de ses sujets. Il a cherché, tout au plus, à limiter la casse”, renchérit Bouaziz.


Ces deux dahirs signés par le Sultan Sidi Mohammed Ben Youssef (Mohammed V) ont été désastreux sur le moral des populations juives. Lesquelles s'inquiètent, logiquement, d'une montée de l'antisémitisme dans l'administration française et chez les colons du Maroc.


Plutôt que de se risquer à un bras de fer avec la Résidence générale, qui aurait pu lui coûter le trône, Mohammed V a, malgré tout, obtenu une concession de taille : celle, comme nous l'explique Robert Assaraf (fondateur de l'Union mondiale du judaïsme marocain et auteur de “Mohammed V et les juifs”, 1997), “de faire en sorte que l'exécution des dahirs juifs soit d'abord le fait des agents du Makhzen (4) , se donnant les moyens de contrôler, en le retardant autant que possible, le déroulement des opérations”. Calcul gagnant : autant par lenteur “génétique” que par effet Mohammed V, le Makhzen a longtemps tergiversé dans son application des mesures les plus dures des dahirs juifs. Une course gagnée contre le temps, en attendant que la Guerre mondiale désigne, tranquillement, le camp des vainqueurs. Dans le même souci de gagner du temps, Mohammed V a bien gardé, comme l'explique Robert Assaraf, “le deuxième dahir près d'un mois au fond d'un tiroir avant de se résigner à le parapher”.


Le sultan grignote et joue la montre. En toute discrétion, sans jamais élever la voix. Serge Berdugo, actuel secrétaire général du Conseil des communautés israélites du Maroc, explique : “Mohammed V a bien tenté de négocier avec le général Noguès (ndlr : Résident général depuis 1936). Il a exigé que les sujets juifs marocains soient définis par leur foi et non par leur race, un principe en conformité avec leurs statuts de 'dhimmis' (protégés) du sultan”. Le même Berdugo, dont le père était l'un des membres influents de la communauté israélite de l'époque, ajoute par ailleurs que “le sultan a obtenu de Noguès que le numerus clausus ne soit pas appliqué aux institutions communautaires juives, aux écoles religieuses et aux œuvres de bienfaisance, qui ont continué de fonctionner pendant toute la durée de la guerre”. Un bémol qui a permis notamment de soustraire la très grande majorité des juifs marocains au statut nouvellement instauré.


Le rôle contrasté de Mohammed V


La vie quotidienne est faite, alors, de mille et une contradictions. Mohammed V, qui se garde bien de faire la moindre déclaration publique, constate les (quelques) dégâts. Les dahirs juifs, même exécutés par un Makhzen très lent à la détente, sont tout de même une réalité. “Ma sœur s'est retrouvée exclue du lycée du jour au lendemain”, se souvient par exemple Simon Lévy, aujourd'hui conservateur du Musée du judaïsme marocain. Des juifs, notamment les francisés, sont obligés de quitter leurs quartiers européens pour rejoindre le ghetto du Mellah. Dans les Mellahs, justement, la vie a suivi son cours naturel. Popularisée après guerre par la littérature officielle, une anecdote, sans doute exagérée, circule alors dans ces quartiers réservés aux juifs marocains. Au Résident général venu l'informer de la décision de faire porter l'étoile jaune aux juifs du pays, Mohammed V lui demande d'en commander une vingtaine de plus. Contrarié, Noguès demande pourquoi. Le sultan répond : “Pour ma famille et moi-même”.


Une image idyllique à laquelle ne souscrit absolument pas Jacques Dahan, président du Conseil des communautés israélites du Maroc entre 1947 et 1956. Dans ses mémoires publiées en 1955 (“Regard d'un juif marocain sur l'histoire contemporaine de son pays”), il affirme que Mohammed V n'a pas été à la hauteur des responsabilités que lui conféraient ses fonctions religieuses et civiques vis-à-vis de ses sujets israélites. “Faute de preuves écrites, il m'est difficile de souscrire à la thèse officielle de Mohammed V sauveur des juifs marocains”, écrit-t-il en substance. Une nuance cependant. À l'époque où Jacques Dahan publie son livre, il n'a pas connaissance du seul document écrit évoquant l'attitude de Mohammed V vis-à-vis du statut des juifs. Présenté à l'Académie du royaume du Maroc en 1985, un télégramme de 1941, retrouvé dans les archives du ministère des Affaires étrangères, évoque les tensions créées entre la Résidence générale et le sultan, suite à l'instauration du premier dahir juif. Extraits : “Nous apprenons de source sûre que les rapports entre le sultan du Maroc et les autorités françaises se sont sensiblement tendues depuis le jour où la Résidence appliqua le décret sur les mesures contre les juifs (…) Le sultan s'était refusé à faire de différence entre ses sujets (ndlr : les juifs et les musulmans), tous, disait-il, loyaux”.


Mais Dahan n'est pas le seul à minimiser l'impact positif du jeune sultan. Dans son ouvrage Les Juifs d'Afrique du Nord sous Vichy, publié en 1955, M. Abitbol affirme que l'image de Mohammed V volant au secours de ses sujets juifs était exagérée. Extrait : “Tout comme les Beys de Tunis, le souverain marocain ne put rien faire d'autre qu'apposer son sceau en bas des dahirs et des arrêtés qui lui étaient soumis par la Résidence mais, plus timide que Moncef Bey (souverain de Tunisie pendant la Seconde guerre mondiale), il s'interdit toute prise de position et tout acte public qui eût pu être compris comme un désaveu de la politique de Vichy”.


Aussi timide qu'il a pu être, Mohammed V reste pourtant, et de loin, le plus pro-juif de son entourage. Sans être tout à fait une marionnette, le jeune sultan est clairement mal entouré. Sa chancellerie, mise en place par le protectorat, ressemble à une chambre d'enregistrement des lois édictées par la Résidence générale. Elle est d'ailleurs dominée par un certain Mokri (dont l'ancienne demeure est devenue, au lendemain de l'indépendance, la fameuse Dar Mokri, le plus terrible des centres de torture et de détention secrète), vizir et grand chambellan aux origines algériennes, connu pour son tropisme français et détenteur de la “boîte à sceaux” dont il lui arrive, parfois, d'user sans l'avis du sultan. Et puis, ne l'oublions pas, le Mohammed V de l'époque n'est pas encore un roi “indépendantiste”, tout au plus un sultan symbolique condamné à jouer à l'équilibriste entre les autorités du protectorat et son statut de protecteur des juifs.


Si la communauté juive s’est trouvée forte de plusieurs centaines de milliers d’individus jusqu’au xxe siècle, elle est réduite actuellement entre 3 000 et 7 000 membres, selon les sources. Les différentes communautés juives d’origine marocaine comptent désormais plus d’un million de membres à travers le monde.


Conclusion :


Alors, pour boucler la boucle, Mohammed V, “juste parmi les nations” : réalité ou mythe ? “Incontestable réalité”, clament tous les spécialistes juifs consultés pour les besoins de l'enquête. La meilleure formule, et sans doute la plus troublante, est celle de Robert Assaraf : “Si Mohammed V a sauvé des vies juives ? Oui, c'est l'évidence. S'il l'a fait en risquant sa vie ? Non, personne ne peut l'avancer”. Au Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, dédié aux victimes de l'Holocauste, de trancher si, oui ou non, le sultan Sidi Mohammed Ben Youssef mérite définitivement son entrée au panthéon des “Justes”. Avec toutes les retombées que cela suppose…


 http://www.darnna.com/phorum/read.php?2,120836,143415

Amitiés


Jean-Marie GÉLINAS


(1) toshavin : désigne les Juifs autochones du Maghreb, également appelés Maghrebin. Ceux-ci vivaient dans la région occidentale "al-Maghrib" , les Juifs berbère de l'Afrique du Nord.


(2) megorashim : désigne de façon générale les Juifs qui habitaient des terres dans lesquelles arrivèrent en masse les Juifs sépharades expulsés de la péninsule Ibérique en 1492 par un édit des souverains Isabelle de Castille et Ferdinand II d'Aragon d'Espagne.Les relations entre ces deux communautés juives au Maroc ont très souvent été tendues et ont vécut longtemps chacune de son côté. Ces Juifs possédaient leur propres minhagim et parlaient le judéo-arabe ou lejudéo-berbère. L'intégration des exilés " megorashim" fut longue et laborieuse. Les mariages entre les deux communautés juives n'étaient pas favorisés comme en témoignent les contrats de mariage juifs marocains qui mentionnaient autrefois le minhag (coutume) suivi pour la rédaction de la ketoubah (contrat de mariage).Cependant, les populations sépharades s'étant urbanisées et enrichies, la plupart des Maghrebim choisirent de s'assimiler à eux. Aujourd'hui, la plupart des Juifs d'origine marocaine se considèrent actuellement sépharades.


(3) le site Telquel :  http://www.telquel-online.com/274/couverture_274.shtml

(4) Makhzen (ou maghzen) désigne aussi une unité supplétive au Maroc (Forces auxiliaires marocaines). Ses combattants (les mokhaznis) vivaient en général en famille sous la tente, autour du poste où ils étaient affectés. Ils pouvaient être employés à pied ou à cheval et avaient fonction de police.


(5) Toujjar : titre accordé aux marchands juifs, Marchands royaux


(6) Dahirs : décrets et arrêtés

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